Le potager urbain: une tendance incontournable

Lors d’un colloque en horticulture ornementale où je m’étonnais que l’on parle si peu d’agriculture urbaine, mon voisin m’avait répondu que le potager était une mode qui passerait très vite. Il m’avait quand même avoué qu’au cours des cinq dernières années les ventes de plants de légumes et fines herbes avaient grandement progressé, alors que le chiffre d’affaires des fleurs annuelles et des plantes vivaces était en constante baisse. Alors là pour rester ou pas le potager?

 

Une tendance mondiale

L’agriculture urbaine est un concept né au milieu des années 2000. Il s’agit de diverses formes de pratiques agricoles (potagers privés, jardins communautaires ou collectifs, productions sur les toits, etc.) permettant la production de nourriture (légumes, petits fruits, œufs, miel, etc.) dans les villes. Si, au départ, la promotion a été faite par des visionnaires, ce type de culture connaît aujourd’hui un grand retentissement, car les valeurs qui sont véhiculées par l’agriculture urbaine sont chères aux générations X et Y.

 

Quelques raisons qui font que le potager urbain est là pour rester

Plutôt que d’agriculture urbaine, je préfère parler de potager urbain, afin de rapprocher encore plus le « jardinier » de son terrain de jeux.

Le potager urbain, plutôt que le jardin décoratif, est un élément majeur de l’utilisation de l’espace-jardin par les générations X et Y. En voici les principales raisons. En cultivant leurs propres fruits et légumes les générations X et Y:

  • évitent d’être exposés aux pesticides présents dans les fruits et légumes vendus dans les supermarchés;
  • s’assurent de ne pas manger des organismes génétiquement modifiés (OGM);
  • consomment des légumes, fines herbes et petits fruits qui conservent toute leur fraîcheur, leurs valeurs nutritionnelles et leurs éléments nourriciers puisqu’ils sont mangés aussitôt cueillis;
  • peuvent se nourrir de produits biologiques dont ils sont certains qu’ils le sont;
  • ont la possibilité de faire des économies, notamment quand ils savent qu’au cours des dernières années les prix des aliments ont été en forte hausse;
  • préviennent le transport des légumes sur de longues distances et permettent ainsi de réduire les émissions de gaz à effet de serre;
  • conservent un contact « utile » avec la nature;
  • sont en mesure de partager leurs récoltes, ce qu’ils trouvent très satisfaisant.
La possibilité de consommer des légumes bio à bas prix est importante pour les générations X et Y.

 

« Jardiner » utile

Comme les personnes des générations X et Y considèrent qu’ils manquent de temps ou encore que le jardinage n’est qu’un loisir parmi d’autres, ils souhaitent rendre cette activité utile. C’est pourquoi la culture des légumes, petits fruits, fines herbes et fleurs comestibles continuera à prendre de l’importance. Ne pas en prendre acte c’est laisser à d’autres commerces le soin de profiter de ce marché en pleine croissance.

Bien entendu, on continuera toujours à vendre des plantes « décoratives », mais miser sur le potager urbain est la bonne manière pour notre industrie d’attirer de nouveaux clients et de les fidéliser à notre « cause ».

Dans les années à venir, il ne faudra plus s’adresser aux jardiniers, mais aux agriculteurs urbains, car c’est de cette manière que se voient les générations X et Y.

Le potager urbain sous-tendra toutes les tendances horticoles dans les années à venir.
Le potager urbain sous-tendra toutes les tendances horticoles dans les années à venir.

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2 Commentaires

  • François-Pierre Nadeau

    Bonjour Bertrand Dumont.
    Ayant travaillé une bonne trentaine d’années comme architecte-paysagiste en milieu municipal, j’ai eu l’opportunité d’aménager ou réaménager plusieurs jardins communautaires, notamment dans la ville de Montréal. Ce concept est né bien avant les années 2000. Il y a d’abord eu les jardins-jeunes pour initier les enfants et adolescents au jardinage dans un potager. Les jardins communautaires se sont démocratisés vers 1975. Ce «loisir» est devenu rapidement populaire à tel point que dans Montréal, il y a environ une centaine d’emplacements (jardins communautaires) comptant quelques 9 000 jardinets pour desservir 13 500 jardiniers. Et ce n’est pas prêt de se terminer. Au revoir et à bientôt cher ami.

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    • Blogueur

      Tout à fait d’accord avec ton mon cher François-Pierre. Avant les années 2000 on parlait surtout de potagers et de légumes. Maintenant on dévellope le « concept » de l’agriculture urbaine. Des mots différents pour décrire des réalités bien similaires.
      Merci pour ton commentaire.

      Répondre

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