Pourquoi l’agriculture urbaine est-elle si populaire? (2/2)

Le précédent article a mis en lumière plusieurs comportements et attentes des consommateurs vis-à-vis de leurs habitudes alimentaires. On peut se demander maintenant comment ces comportements peuvent influencer la pratique de l’agriculture urbaine et donc le marché de l’horticulture.

 

Le constat : la nourriture qu’ils mangent en dit beaucoup sur ce qu’ils sont.

Excellent! Voilà donc une opportunité de leur offrir des produits différents. Par exemple en multipliant le nombre de variétés pour une espèce de plante : offrir des tomates rouges, jaunes, orange, pourpres, etc. ou encore des mini-poivrons, rouges, jaunes, orange, etc. S’assurer d’avoir quelques plants de fines herbes ou d’épices moins communes permettra aux clients de « s’exprimer ».

 

Le constat : la malbouffe est une des plus grandes menaces à la santé de la population. Les consommateurs ont peur que les produits achetés au supermarché soient contaminés. Ils évitent, dans la mesure du possible, de manger de la nourriture à base d’OGM. Ils sont inquiets des impacts des produits artificiels qu’elles mangent ou boivent.

Parfait! En cultivant eux-mêmes des légumes, fines herbes, fleurs comestibles, petits fruits et fruits, ils s’assurent de la qualité des produits qu’ils mettent dans leur assiette. Offrir des semences ou des plants cultivés biologiquement semble aussi un atout. Et pourquoi pas un panneau indiquant « sans OGM » dans les serres de ventes? Vendre tous les produits connexes (sol, engrais, etc.) pour la culture biologique est aussi une très bonne avenue.

 

Le constat : la nourriture est aussi efficace qu’un médicament pour se maintenir en santé. Une diète de produits naturels prévient la plupart des maladies et des problèmes de santé. Une consommation régulière de la nourriture et des breuvages leur permettrait de vivre plus longtemps. Il est de leur responsabilité de choisir avec précautions ce qu’elles mangent afin d’éviter les maladies et d’être en mauvaise santé.

Les consommateurs considèrent leur nourriture comme des alicaments. Super! On sait que des légumes, fines herbes, petits fruits et fruits ont des effets bénéfiques sur la santé. Il n’y a qu’à penser aux antioxydants contenus dans les petits fruits. Présenter les bienfaits en plus des qualités gustatives est sûrement une bonne idée (c’est ce qui a été fait dans le projet Savoir-vert auquel j’ai eu le plaisir de participer). En sortant des données strictement « horticoles », il est possible d’intéresser une part grandissante de la société au jardinage.

 

Le constat : les consommateurs sont prêts à payer plus pour un produit local. Ils préfèrent acheter chez un producteur local plutôt que dans une épicerie ou un supermarché.

Épatant! Si les entreprises d’ici s’affichent comme telle, elles vont pouvoir bénéficier de cet avantage. Indiquer la provenance des plants dans les serres de vente au printemps est aussi une bonne stratégie. L’indiquer dans les circulaires ou autres communications aussi. Il faut insister sur le fait que la production locale québécoise est déjà très présente pour les plantes de légumes, fines herbes et fleurs comestibles.

 

Le constat : les consommateurs souhaitent avoir une alimentation équilibrée et saine. Ils se considèrent comme des foodies et aiment découvrir de nouveaux ingrédients ou de nouveaux goûts dans leur nourriture.

La capacité des entreprises horticoles québécoises d’offrir une gamme variée de produits pour l’agriculture urbaine : plants, terreau, pots, engrais, etc., est un énorme avantage. Permettre aux consommateurs de vivre une expérience d’achat « tripante » est aussi très important.

 

Le constat : les consommateurs souhaitent passer plus de temps à table pour profiter de la nourriture saine qu’ils ont préparé.

Offrir des produits complémentaires qui permettent aux consommateurs de vivre une expérience extérieure de jardivertissement est sûrement une brillante avenue à étudier.

 

Comme le montrent ces quelques constats, il est facile de tirer parti de l’importance qu’accordent aujourd’hui les consommateurs à la qualité de leur nourriture.

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