Revenir aux fondamentaux

Alors que la COP24, la 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se tient actuellement en Pologne, une fois de plus l’ONU exhorte les populations et les états à s’engager dans la lutte au changement climatique et plus globalement à une amélioration de notre environnement. De plus en plus de rapports scientifiques évaluent les coûts, aussi bien humains (sécurité alimentaire, santé, etc.) qu’économiques, à des milliards de dollars.

Oui, mais par où commencer?

Personnellement, je pense que nos décisions devraient être animées par deux grandes préoccupations : la multifonctionnalité et biodiversité.

 

Des approches complémentaires

La multifonctionnalité consiste à s’assurer qu’un aménagement (quelle qu’en soit l’échelle) ou un produit ait plusieurs fonctions. Par exemple, l’agriculture urbaine à des fonctions :

  • de sécurité alimentaire et de nutrition;
  • de développement économique;
  • des bénéfices sociaux;
  • de développement de communauté;
  • de bénéfices environnementaux.

La biodiversité biologique consiste à multiplier les espèces végétales et à offrir des conditions de vie adéquates aux espèces animales (y compris les insectes, les bactéries, etc.). La diversité technique consiste à multiplier les structures, les organisations, les systèmes, les processus, etc. Biodiversité et diversité technique sont gages de résilience en cas de problème ou de catastrophe. Dans une certaine mesure, la multifonctionnalité aussi. Des éléments indispensables pour faire face, s’adapter et lutter contre le changement climatique.

 

Prendre sa place

Par définition l’horticulture est multifonctionnelle et biodiversifiée. À ce titre, elle devrait occuper une place prépondérante dans la lutte au changement climatique. Si ces caractéristiques ne sont pas reconnues aujourd’hui, c’est qu’une forme très (trop?) populaire d’horticulture s’est éloignée de ces deux principes : multifonctionnalité et biodiversité. L’approche des 50 dernières années a trop misé sur l’aspect esthétique (je plaide coupable, j’en étais!) et pas assez sur d’autres fonctions notamment environnementales, par les phytotechnologies, et vivrières, par la production comestible. Il est grand temps d’y remédier.

Je suis intimement persuadé que pour s’épanouir et prospérer, l’horticulture du 21esiècle doit être multifonctionnelle et biodiversifiée. Elle doit revenir à la base de ce qu’elle était au début du 20esiècle et ce qu’elle a été durant près de 10 000 ans. Nous devons revenir aux fondamentaux : une horticulture qui se développe en harmonie avec la nature et qui est au service des citoyens (avant les consommateurs).

Un vaste chantier qui, je l’espère, saura trouver l’adhésion des horticultrices et des horticulteurs de tout âge et de tous les secteurs.

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