Éloge de l’écojardinage

On connaît de mieux en mieux le Slow Food, ce mouvement qui a pour principal objectif de sensibiliser les citoyens à la gastronomie écologique, ainsi qu’à une façon plus durable de consommer les aliments. On lui donne en français le nom d’écogastronomie. Mais avez-vous déjà entendu parler du Slow Gardenning? Il s’agit d’une approche (certains disent d’une philosophie) qui encourage les participants à goûter chaque instant où ils jardinent, d’utiliser tous leurs sens lors de leurs séances de jardinage, de jardiner en toutes saisons, de ne pas s’enfermer dans un style de jardin en particulier et d’utiliser des produits écologiques. En bref, de faire de l’écojardinage!

 Des gens trop pressés

Il suffit de se promener sur quelques sites Facebook consacrés au jardinage pour constater à quel point bien des jardiniers sont pressés. Avec le drôle d’été que nous avons eu en 2017, combien se sont inquiétés du « retard » de mûrissement de leurs tomates (qui finalement sont arrivées à maturité en septembre)? Il y a même des jardiniers découragés qui ont arraché leurs plants avant que les tomates soient mûres. C’est dire à quel point une activité qui devrait être relaxante est devenue stressante ! Est-ce parce que la performance, vite, vite, toujours plus vite, est dans l’air du temps ou parce que nous avons complexifié le jardinage (avec une grande variété de plantes difficiles à entretenir, de terreaux, d’engrais, d’outils, etc.)? On est en droit de se poser la question.

 Le jardinage comestible, c’est « slow »

Pourtant, le jardinage, notamment le jardinage comestible, a en lui tous les atouts pour la relaxation, la détente, le relâchement, la décrispation. Comme ma mère disait qu’en j’étais enfant : « Ce n’est pas en tirant sur les feuilles de laitues qu’on va les faire pousser ». Jardiner, cultiver ses légumes, c’est être patient. Par nature, le jardinage est « slow ». En le rendant encore plus « écolo », nous pourrions offrir à nos clients une belle alternative à leur vie trépidante. Se nourrir sainement tout en recouvrant son équilibre mental et émotionnel! Quoi de plus attrayant?

Repenser la fièvre du printemps

Oui, mais voilà, comment allier cette « petite vitesse » et cette « grande lenteur » à une industrie qui court au printemps? Qui réalise son chiffre d’affaires en quelques mois. C’est peut-être un défi qu’il faudra relevé. Bien entendu ce changement prendra plusieurs années, voire même une décennie. Mais, ne serait-ce pas là une avenue d’avenir pour la pérennité de notre industrie? À mon avis, il faut commencer à y réfléchir dès aujourd’hui (la réflexion prend du temps). Voir comment cela peut prendre forme. Devra-t-on transformer les lieux de vente de produits horticoles en espace reposant et relaxant? Mieux cibler les produits que nous vendons? Mettre plus d’emphase sur la durabilité de nos produits? Sur leur facilité d’utilisation? Rendre accessible le jardinage quatre saisons? Pourquoi pas? À mon avis l’idée vaut la peine d’être explorée.

Le jardinage comestible facile, naturel et relaxant! Quelle belle proposition! Non?

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