La place des fruitiers dans la ville de demain

De plus en plus populaire au cours des dernières années, l’engouement pour le potager urbain ne se dément pas. Légumes, fines herbes, fleurs comestibles et petits fruits colonisent déjà les terrains municipaux.

La prochaine étape, selon moi, est la multiplication des jardins fruitiers collectifs ou municipaux. Ils prendront plusieurs formes.

 

Pourquoi un jardin fruitier cultivé en commun?

La petitesse des terrains en milieu urbain ne permet pas toujours de cultiver des fruitiers de moyennes et grandes dimensions. Un jardin fruitier collaboratif permet donc aux citoyens :

  • d’avoir accès à une plus grande diversité d’espèces de fruits;
  • d’accéder à une plus grande diversité de variétés de fruits;
  • d’éviter les pertes en partageant les surplus qu’un jardinier seul ne pourrait absorber;
  • de prévenir le gaspillage en s’assurant que les fruits sont tous bien récoltés alors qu’un jardinier peut, pour diverses raisons, être dans l’impossibilité de récolter ;
  • de partager une partie des récoltes dans la communauté.

La culture en commun d’un jardin fruitier présente deux inconvénients.

Le premier, c’est qu’il faudra attendre quelques années avant que les arbres fruitiers donnent pleinement leurs récoltes.

La deuxième c’est que ce genre d’aménagement est ouvert et donc, suivant les types d’organisation, les « vols » ou le vandalisme de fruits sont faciles.

 

Le jardin fruitier collectif

Encore peu développé, il peut regrouper librement, ou en association, des citoyens. Des autorités municipales peuvent aussi mettre sur pied une telle initiative.

Comme au potager, le jardin collectif est une grande surface où tout le monde cultive ensemble et se partage les récoltes à la fin de la saison. Ce type de culture fruitière peut prendre plusieurs formes et être régi par différentes règles. Par exemple, il peut prendre l’aspect d’un projet intergénérationnel où personnes âgées et enfants, ou adolescents, jardinent solidairement.

 

La forêt comestible

Ce type d’aménagement, que l’on appelle jardin-forêt ou la forêt-jardin, est de plus en plus populaire auprès des municipalités. Il s’agit plus d’un jardin fruitier cultivé pour la communauté que par la communauté. Souvent confondue avec la forêt nourricière, la forêt comestible en diffère par le fait que ce n’est pas de la permaculture.

Il s’agit le plus souvent d’un espace public, comme un parc, une place publique, ou autre, dans lequel on remplace les arbres et arbustes ornementaux par des arbres et arbustes fruitiers. La municipalité est responsable de l’entretien et chaque citoyen peut venir y cueillir les fruits qui lui plaisent (on compte ici sur le civisme des résidents).

Un tel type de forêt comestible peut être planté de toutes sortes de fruitiers et prendre les formes les plus variées qui tiennent compte de l’aménagement de l’environnement immédiat.

 

La forêt nourricière

Il s’agit d’un véritable processus en permaculture. Depuis la préhistoire, plusieurs peuples et civilisations ont utilisé cette approche pour se nourrir. Les objectifs d’une forêt nourricière sont de produire localement des fruits, baies, légumes, plantes aromatiques et médicinales, ainsi que des champignons. Dans les faits, on met en place une véritable forêt d’arbres fruitiers. S’il est possible d’utiliser ses principes sur de petits terrains, les résultats sont meilleurs sur de plus grandes superficies cultivées de manière collective en milieu urbain.

C’est un système durable, autonome, résilient, productif sans avoir recours aux énergies fossiles, sans besoins en eau ni en fertilisants (engrais).

Une forêt nourricière s’inspire de la forêt. C’est un véritable écosystème puisqu’en plus des différentes strates végétales on y observe des insectes (ravageurs, pollinisateurs, utiles), des oiseaux, des petits animaux (rongeurs, vers de terre, etc.) ainsi que des champignons et les microorganismes en surface et sous terre.

Les sept strates sont : les grands arbres, les arbres nains et les grands arbustes, les buissons, les herbacées, les plantes à racines profondes, les plantes couvre-sol et les grimpants.

 

Les avantages et les inconvénients de la forêt nourricière

Il existe de nombreux avantages, les principaux étant :

  • de réduire le travail du sol. Il n’y a pas de retournement ou de brassage;
  • de permettre une meilleure utilisation de l’espace;
  • de faciliter une bonne régularisation hydrique;
  • d’éviter le développement d’espèces envahissantes;
  • de favoriser la biodiversité en constituant un refuge pour les plantes cultivées et sauvages, ainsi que pour la faune;
  • de stocker du carbone;
  • de restaurer les paysages;
  • de nourrir l’âme et l’inspiration des gens qui la fréquentent.

Les quelques inconvénients tiennent à sa mise en place. Une forêt nourricière est :

  • difficile à concevoir, car il manque beaucoup de données sur ce « nouveau » concept;
  • complexe et longue à implanter (en général de 3 à 5 ans) et les avantages (réduction du temps de travail, etc.) prennent plusieurs années.

Dans les faits, ce type d’aménagment demande de changer de paradigme, de faire une forme de saut dans l’inconnu, ce qui est souvent le plus difficile.

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1 Commentaire

  • Virtual Private Server

    Pres de quatre horticulteurs sur dix travaillent avec des paysagistes pour l’horticulture d’agrement, faite pour le plaisir des yeux.

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