Porter la « parole verte » dans les lieux du pouvoir municipal

On entend souvent dire qu’en milieu municipal l’horticulture est le parent pauvre. Le premier service dans lequel on fait des coupures quand l’argent manque! D’un autre côté, nous sommes tous persuadés de l’importance de l’horticulture comestible et de l’utilisation des plantes à des fins environnementales. Nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre à quel point les végétaux prendront une place prépondérante dans la résilience des villes. Alors, comment faire passer le message!

Le véritable lieu de changement

Dans un premier temps, il faut bien cibler les interlocuteurs. Aujourd’hui, les véritables lieux de changements sont les municipalités. Ces administrations de proximité ont des impacts importants sur la vie et la qualité de vie des citoyens. Le conseil d’administration de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ) l’a bien compris. Sa tournée des municipalités québécoises, où leurs représentants expliquent aux municipalités l’intérêt de faire appel à des architectes paysagistes dans le processus de planification, est une excellente initiative qui porte ses fruits.

Une administration proche des gens

En cas de crise, c’est toujours vers les municipalités (pompiers, policiers, services des travaux publics, bâtiments publics, etc.) que l’on se tourne en premier. Ce sont aussi les municipalités et ses multiples organismes qui « organisent » la vie de la cité. C’est pourquoi dans les municipalités il existe un grand nombre de comités (agenda21, environnement, aînées, transport, culture, etc.) sur lesquels les citoyens sont appelés à siéger. Prendre part, en tant que citoyen et non comme entreprise, à ces comités pour y porter la « parole verte », pour sensibiliser ses concitoyens à l’importance des végétaux est une excellente avenue. Il faut, bien entendu, mettre de côté ses intérêts personnels pour porter les intérêts collectifs. C’est le plus souvent du bénévolat, mais c’est très enrichissant.

Des élus accessibles

Contrairement aux administrations provinciale et fédérale, les élus municipaux sont très accessibles. Il est très facile de parler avec son conseiller municipal de quartier que l’on rencontre… en faisant ses courses. Chaque mois, on peut aller poser des questions à la séance publique du conseil municipal. On est loin de l’Assemblée nationale du Québec ou du Parlement canadien. Dans les villes de moyenne et petite importance, le maire est très facile à approcher.

Dans certaines municipalités, les élus organisent des rencontres informelles pour prendre le pouls de la population. Une situation parfaite pour les sensibiliser.

Ce que l’on sait moins, c’est que dans une vaste majorité de cas il est possible d’écrire au maire et au conseil municipal sur tout sujet qui concerne les compétences municipales. Par exemple, envoyez un mémoire au conseil municipal pour expliquer comment minimiser les impacts de tel et tel problème avec des végétaux est tout à fait approprié. Si on le signe en tant que citoyen, pas de problème. Soyez assuré que plusieurs personnes le font pour assurer la diffusion de leur vision. Alors, pourquoi pas les horticulteurs?

Un comité particulier : le CCU

Plusieurs villes ont un conseil consultatif en urbanisme, le CCU. Celui-ci est même régi par la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme. Il s’agit d’un comité d’élus et de citoyens à qui on demande son avis (ce comité est consultatif et non décisionnel) sur divers projets d’urbanisme. Pour être moi-même membre du CCU de Boucherville, je peux vous assurer que mes collègues, et surtout les élus et fonctionnaires qui y siègent, ont maintenant une vision tout à fait nouvelle de l’importance et du rôle des végétaux dans l’espace public. Bien sûr les changements se font graduellement, mais au moins on peut porter la « parole verte » mois après mois auprès de décideurs.

Éviter d’être un opposant

S’engager dans sa communauté, participer à des comités, offrir du temps bénévolement pour supporter un projet ou une activité permet de porter et de diffuser la « parole verte ». Apporter du bon, du beau et du positif est toujours apprécié.

Dans la mesure du possible, on doit éviter de s’opposer. Il est préférable de créer le dialogue, apporter des données factuelles, faire évoluer le dossier de mois en mois de manière positive plutôt que d’attendre que les jeux soient faits (par d’autres personnes qui se sont engagées dans la communication) et qu’il faille s’opposer aux nouvelles directives ou aux nouveaux règlements.

Grâce à l’horticulture nous pouvons améliorer la vie de nos concitoyens, allons leur dire directement, ils nous en remercieront.

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